Musique Noise
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Musique Noise à l’Excalibur, Paris 1987
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Musique Noise aux studios Luna Rossa, Paris 1988
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Musique Noise sur la toile, 1989
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Musique Noise au Caf’ Conc’, Paris 1994
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Nom de ZEUHL ! (Traverses)

MUSIQUE NOISE – Fulmines Integralis (Musea)

Si ESKATON peut être considéré comme faisant partie de la première vague française des « suiveurs » de MAGMA, au même titre que XALPH ou le MASAL de Jean-Paul PRAT, MUSIQUE NOISE fait plutôt partie de cette seconde vague - dans laquelle on pourait intégrer ALTAIS, EIDER STELLAIRE, FOEHN, TROLL... - qui s’est exprimée principalement au cours des années 1980. Auteur d’un seul album enregistré en 1988, Fulmines Regularis, MUSIQUE NOISE représente même la tentative ultime de survivance de ce mouvement zeuhl à la française. Au regard des autres groupes cités, MUSIQUE NOISE a effectivement vu le jour sur le tard, en 1986. Quatre de ses membres avaient auparavant fait partie du groupe jazz-rock/zeuhl AUTOPSIE (le batteur Philippe ZARKA, le bassiste Frédéric HUYNH et les claviéristes Denis LEVASSEUR et Xavier De RAYMOND) et deux d’entre eux du groupe SOCIETE ANONYME (le chanteur et saxophoniste Jean-Philippe GALLET et le même Xavier De RAYMOND, qui a également officié un temps dans ESKATON). Il n’a plus manqué au groupe que d’intégrer deux chanteuses, Isabelle BRUSTON et Cornélia SCHMID, et sa « panoplie zeuhl » fut complète !

Ce serait presque une lapalissade d’évoquer la forte empreinte de MAGMA chez MUSIQUE NOISE. Entrelacs vocaux, rythmes obscessionnels, mélodies sophistiquées : rien ne manque ! Pourtant, à l’écoute de Fulmines Regularis, on en vient vite à se demander si ce rapprochement est de nature à rendre service à l’un comme à l’autre groupe, et surtout à leurs fans. Ceux qui appréciaient tout paticulièrement chez MAGMA ses atmosphères glauques et menaçantes, l’hypnose tellurique de la basse de TOP ou la frénétique faconde rythmique de VANDER auraient plutôt intérêt à passer leur chemin ! Ils ne trouveront guère matière à rassasier leurs âmes écorchées chez MUSIQUE NOISE. Car au fait, « NOISE » ne se prononce pas à l’anglaise, hélas pour ceux qui s’attendaient à écouter de la zeuhl bruitiste et dissonnante ! Il s’agit d’un terme provenant du vieux français qui désigne... « la fureur des éléments ». Tout un programme... qui, comme tout programme, n’est pas à prendre au pied de la lettre. Si musique zeuhl il y a chez MUSIQUE NOISE, c’est une zeuhl épurée de ses éléments obscurs et de ses miasmes venimeux ; soit, une zeuhl « light » !

C’est pourquoi il serait préférable de dire que le groupe partage avec MAGMA des références similaires, à commencer par Carl ORFF. Détail significatif, MUSIQUE NOISE avait au départ été créé pour adapter le Carmina Burana de ce dernier ! Enfin, il y a eu l’influence non négligeable d’ESKATON. Du reste, le disque Fulmines Regularis a été produit par deux anciens membres d’ESKATON, Marc ROZENBERG et Amara TAHIR. C’est dire si le monde de la zeuhl à la française est petit ! Au gré des compositions de MUSIQUE NOISE apparaissent donc moult ingrédients : jazz-rock, rock « arty », classique, opéra, etc., mais il est clair qu’on est loin de toute martialité vengeresse kobaïenne. C’est une zeuhl lumineuse que professe le septet francilien, tournée vers la « bright side of life » chère aux MONTHY PYTHON. La référence n’est pas si usurpée que cela, puisque, par bien des aspects, le non-sens est allègrement cultivé par MUSIQUE NOISE, à en juger par ses fantaisies et ses extravagances vocales ciselées, les jargons extra-terrestres générés par les synthés, les titres et les textes des chansons (celui de L’Etroit Huit se réduit à cette suprême interrogation existentielle : « La vaisselle, la ferais-je ? ») et des facéties de production studio, comme la manipulation de bande : une piste vocale est trafiquée sur Mise au point, et le morceau de clôture, Pzkr !, est un remake accéléré du morceau d’ouverture Pas encore, avec effet burlesque garanti. Bref, MUSIQUE NOISE se pose en champion de la composition complexe décomplexée, et risque de faire rire jaune les Zeuhliens aigris, qui n’auront plus qu’à choisir entre les « cathédrales du doute » et la « spirale de l’ennui »... Passe encore qu’il s’agisse de « zeuhl light » ; le principal défaut de ce disque est sa production typiquement 80’s, au son lissé, clinquant, poli et refroidi, terriblement daté, qui n’aide pas à rendre crédible la démarche du groupe.

Paru en 1989 sur Musea, Fulmines Regularis est donc tout naturellement réédité en CD par le même label, augmenté pour l’occasion de quatre morceaux enregistrés en 1992 pour une maquette qui devait donner naissance au second album de MUSIQUE NOISE. C’est l’occasion d’écouter le groupe, avec un son un poil plus chaud et convivial, dans une formation légèrement différente (absence de Cornélia SCHMID, mais intégration du saxophoniste Simon BOT BAN JOK). Outre Ragnarök, qui en rajoute dans la vitalité fantaisiste, on s’attardera sur Ecco, qui témoigne d’une volonté manifeste d’élargir le champ d’investigation du groupe, pas tant pour sa subreptice allusion à MAGMA planquée quelque part, mais pour sa source d’inspiration : un chant corse traditionnel ! Mais il faut croire que l’éclatement de l’inspiration de MUSIQUE NOISE fut peut-être la cause de sa dissolution. Ce n’est pas un hasard si Jean-Philippe GALLET et Cornélia SCHMID se sont par la suite impliqués dans l’adaptation de chant traditionnels corses...

Fulmines Regularis est en toute logique devenu en CD Fulmines Integralis puisqu’il regroupe les oeuvres quasi complètes du groupe. Une intégrale fumeuse diront certains, et qui explique sans doute pourquoi le mouvement zeuhl en France a fini par s’étioler et par passer la main aux Japonais. On a le droit d’évoluer...


ENNEADE (Musea)

Signalons pour finir à ceux qui seraient tentés d’en connnaître davantage sur cette scène musicale hexagonale que Musea a réédité il y a peu Enneade,une compilation de référence paru à l’origine en 1992 regroupant « l’essentiel des groupes français qui, sur les traces de MAGMA, ont créé la Nouvelle Musique Européenne » (sic). L’expression « musique zeuhl » a été savamment évitée, tant il est vrai que les 13 groupes et morceaux sélectionnés relèvent de démarches différentes. On peut cependant rester dubitatif sur l’expression « Nouvelle Musique Europénne » quand on s’aperçoit que tous ces groupes sont français, à quelque exception près, tels les Belges d’UNIVERS ZERO, présent avec le morceau Toujours plus à l’est (c’est quand même un signe...), extrait du mini-album Crawling Wind, qui, à l’époque, n’était pas disponible en CD.

On retrouve MUSIQUE NOISE avec une version inédite de Villiers, tandis qu’ESKATON s’illustre avec un morceau tardif (1986), La Lutte, qui a servi pour un ballet. Des extraits d’albums rares de groupes qui ne le sont pas moins (et dont on attend toujours la réédition en CD) sont aussi au programme avec TROLL et ALTAIS, très imprégnés d’esthétique magmaïenne, alors que l’imposant SHUB NIGGURATH affiche une tendance plus expérimentale avec un morceau qui, depuis, a été intégré à la réédition de son premier album. D’autres groupes, comme FARBEN et XALPH, n’ont jamais publié de disque auparavant, ce qui rend leur témoignage sur cette compilation très précieux. Autre enfant terrible de la zeuhl, EIDER STELLAIRE, dont on désespère de voir reparaître les trois disques sur support numérique, figure également ici avec un inédit qui, hélas, n’est guère représentatif. Enfin, on trouve aussi dans Enneade des pièces rares d’anciens membres de MAGMA, tel Yochk’o SEFFER, Faton CAHEN et Bernard PAGANOTTI, qui lorgnent clairement et sans surprise vers le jazz-rock ou le jazz tout court. MAGMA est de même présent avec un morceau inédit manifestement tiré des sessions du disque Merci et qui en fera glousser certains...

Enneade s’avère donc être une véritable mosaïque d’artistes qui en sont tous passés par MAGMA et en ont gardé des traces plus ou moins indélébiles mais qui se distinguent les uns des autres par le chemin qui les distancient de leur référence suprême. Au passage, « enneade » désigne la réunion de neuf divinités égyptiennes dont le regroupement fait état de toutes les forces élementaires actives dans l’univers. Enfants de la zeuhl ? A voir... Abandonnés par l’Histoire en tout cas. Tout de même, quelle famille !

Réalisé par Stéphane Fougère


Nom de ZEUHL ! (Traverses)


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Mise à jour : lundi 6 juin 2016